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Youra Isaac LANGMANN,
6 mars 1919, 2 octobre 1988

Vivre avec passion, vivre ses passions, c’est ainsi que Youra Isaac Langmann souhaitait vivre et a vécu.

Né à Odessa (ex URSS) en 1919, il a passé sa petite enfance en Turquie où son père faisait partie de la délégation commerciale de l’ambassade de l’URSS à Istambul. Très vite son père, Yossef Langmann,  décide de ne pas retourner dans son pays où l’antisémitisme se faisait de plus en plus virulent et où le communisme n’apportait pas les espoirs attendus. Il décide de venir vivre en France avec sa famille. Youra découvre alors la liberté, la littérature, les arts et rêve de faire de la peinture son métier.

Après le lycée à Janson de Sailly il s’inscrit aux cours de Paul Colin, affichiste célèbre, qui lui donne ses premières leçons de dessin. La montée du nazisme en Europe va interrompre pour de nombreuses années cette passion pour les arts en général et la peinture en particulier.La guerre bouleverse tout. Les persécutions des Juifs commencent et Youra se retrouve assigné à résidence dans le nord du département de la Creuse. Arrêté pour être envoyé à Drancy, il s’évade et va, dans la clandestinité, survivre jusqu’à l’armistice. Sa mère, restée à Paris, n’aura pas cette chance, elle sera arrêtée lors de la rafle du Vel-d’Hiv, parquée à Drancy, puis déportée vers Auschwitz, au mois d’ août 1942.

La guerre finie, Youra se marie,  père d’une fille qui vit aujourd’hui en Israël, puis d’un garçon, il laisse provisoirement la peinture pour travailler dans le tissu, comme beaucoup de Juifs ayant pu survivre à la Shoa. Ce provisoire va durer plus de vingt ans, jusqu’en 1965.

Revenu dans la Creuse et dans le sud de l’Indre en vacances, une visite à Gargilesse dans l’atelier du peintre post impressionniste, Max Agostini aujourd’hui disparu, lui redonne l’irrésistible envie de reprendre les pinceaux et de consacrer ses loisirs à sa passion pour la peinture. Une profonde amitié liera les deux hommes et aura un effet stimulant sur leurs peintures respectives.

Youra n’était pas un peintre professionnel mais consacrait la majorité de son temps libre à sa passion. Il donnait ou conservait ses tableaux pour ne pas avoir à les vendre, incapable d’en donner un prix ou trop réticent à s’en séparer. Les portraits avaient sa préférence et furent ses premières œuvres. Les candidats à l’immobilité ne se bousculant pas, il réalisa beaucoup d’autoportraits ainsi que de nombreux portraits de son propre entourage.

Le peintre Gaston Thiery, continuateur de l’école de Crozant et installé au nord de la Creuse à Fresselines, lui fit découvrir le plaisir de peindre les paysages de cette région verdoyante où les impressionnistes sont venus nombreux planter leurs chevalets. Il acquit une maison dans ce petit village et y installa son atelier.

Le portrait, qu’il affectionnait particulièrement, est un art difficile ; il faut cerner la personnalité du modèle qui parfois se découvre lui-même une fois l’œuvre achevée. Il ne chercha jamais à embellir pour « faire plaisir » ni à forcer le trait et devenir caricatural mais s’attacha à restituer  les traits de caractère qu’il percevait chez son modèle. Comme beaucoup de ses amis peintres de profession l’affirmaient, nous pouvons constater aujourd’hui en regardant ses nombreux portraits, qu’il était doué pour cette discipline.

Voici dix huit ans que Youra Langmann nous a quitté. Beaucoup de ses oeuvres figurent chez des particuliers, d’autres demeurent encore dans son atelier. Il nous a semblé qu’un hommage à lui rendre était de les faire connaître. Il participa dans les années 1970 à quelques expositions dans différents salons de villes de la région parisienne mais leur nombre resta limité. Il exposa également quelques toiles dans la galerie Weil, aujourd’hui disparue, avenue Matignon. Enfin, un hommage lui fut rendu lors de l’inauguration du nouveau centre culturel de Fresselines à l’initiative du maire et du peintre Gaston Thiery en 1998.

Aujourd’hui l’outil Internet permet de concrétiser le souhait que nous avions, nous sa fille, son gendre et ses petits enfants, de vous faire découvrir une partie de son œuvre. Le site que nous vous proposons de parcourir est la première étape de cet hommage.  

Il vous est possible d’avoir plus de détails concernant son œuvre en nous contactant via Internet, n’hésitez pas.

Nous vous souhaitons, cher(e) internaute, de vivre une telle passion, artistique ou non, elle contribue à embellir la vie.






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